Le Tréfonds

Entre deux dimensions ou entre deux temps.
J'ai été appelé par une voix qui venait de loin,
qui venait de plus bas, un grondement récurrent,
issu d’une vase noire et froide d’un lieu mal saint,
Une énorme faille se dessinait lentement autour de moi ,
et me laissant entendre des voix, de ses bas-fonds, murmurer,
Suivi d’horribles hurlements remontant le long des parois,
aspirant la lumière, ils m’appellent et m’ordonnent d’y tomber.
                    Mais je suis si… confortable, dans cette descente aux enfers
                    Vous êtes insupportable et me fatigué. Je vous laisse à vos prières
Je me retrouve au milieu de cette bouche béante,
prisonnier, insulaire d’un vide chavirant dans le néant.
Elle n’accomplit que mon ultime formalité sanglante
et semble me sourire gentiment tout en m’avalant.
Je tombe, du haut de ma solitude désarmante pour m’écraser,
dans un fracas assourdissant, au milieu d’immondices,
où un courant faible me pousse avec quelques corps démembrés,
vers un autre lieu de massacres, où repose l’Autel des sacrifices.
                    Mais je suis si… confortable, dans cette descente aux enfers
                    Vous êtes insupportable et me fatigué. Je me reconnais en poussière !
Les bruits se clarifient et m’impriment d’une étrange sensation,
comme un second baptême, une seconde naissance
Toutes se rassemblent et m’offre une divine absolution
J'ai été créé par ces voix qui m’ont offert mes facultés.
Celles qui me montrent la mesure du temps de votre déchéance
Celles qui me donnent tout ce que vous n’oserez jamais croire
Toutes ces preuves qui font votre malheur et mon existence
C’est le lieu de mon purgatoire, je me navre de déjà le savoir
                    Mais je suis si… confortable, dans ce crescendo infatigable
                    Vous êtes insupportable et me fatigué. Je vous renie misérable matière.
L’intensité augmente, vos haines m’engourdissent, c’est votre moment,
allez, je vous donne l’occasion de vous venger de mon innocence
Pourquoi ne pas me tuer, Je deviens faible et insignifiant,
et je suis ivre de sagesse et accepte désarmé ma sentence.
Je suis impuissant et me réveille dans ce tréfonds.
Dans un décor plus triste qu’un cimetière
J’avance avec peine dans ce dédale d’illusions
Ma peau me quitte, ma chair se dissout, on me digère
                    Et je suis... si confortable, dans ce lieu inviolable
                    Vous êtes insupportable et me fatigué. Je retourne vers la lumière

                    Vous montez vers l’obscure, je descends vers elle,
                                                           ………la vérité éternelle