Et tu dis que tu t’assume

Tu passes ta vie à obéir, à faire le mouton.
Sans jamais l’ouvrir, sans jamais gueuler.
Faudrait que tu regardes dans les yeux ces gros cons.
Mais ça tu peux pas, faudrait que tu sois burné.
Ils te piquent ton fric, ton orgueil, ta vie.
Et même ton fils, pour lui filer un fusil.
Et t’aura quoi, quand ce sera fini.
Quand tu seras père d’un mort, abruti !
Tu te laisses voler ton pognon.
Tu t’écrase, tu ne mouftes pas, jamais.
Tu babilles ton soliloque devant d’autres pions.
Tu t’indigne, te révolte, t’y crois, je le sais.
Mais tu restes là, assis pénard dans ton voltaire.
Regarde ta téloche, ce pantin flagorneur usé.
Te crois-tu innocent à trimer pour des coupables.
Tu l’es peut-être ? Enfin t’en a l’air.
Imposable, taxable, contribuable, redevable.
Qu’as-tu donc fait pour ces châtiments ?
On t’ordonne, t’accuse, t’oblige, mais de quelle droit.
Ont-ils été mandatés pour ces attritions.
Je croie, je sais ! Qu’il y a comme un malaise.
Nous sommes, donc il faut nous révolter.
Je t’ai présenté notre nouvelle ascèse.
L’assisté sauvera l'opprimé.